PARCOURS

DE L'HÔPITAL À LA MAISON

LA RÉADAPTATION

Réadaptation intensive avec séjour à Villa Medica

Lorsque les chirurgies sont complétées, ou du moins en grande majorité, l'unité des grands brûlés du CHUM signe le congé du patient.

Le patient retourne à la maison si les plaies ne demandent qu'un suivi par le CLSC et s'il nécessite que peu ou pas de réadaptation. Il est transféré à Villa Medica si les plaies exigent un suivi médical rigoureux et si son état requiert une réadaptation intensive.

À l'hôpital Villa Medica, il est en contact étroit avec d'autres patients et jouit d'une grande liberté afin de favoriser son bien-être social, psychologique et physique. Ce sera une période de travail individuel intense et gratifiante.

La phase de réadaptation met en action le grand brûlé afin qu'il retrouve l'autonomie nécessaire pour être en sécurité à la maison et qu'il puisse retrouver son travail et les activités qu'il aime pratiquer.

ÉQUIPE DE SOINS

L'équipe de l'hôpital Villa Medica regroupe des professionnels qui oeuvrent à la guérison des plaies, à l'amélioration de la peau et au rétablissement de l'autonomie de la victime de brûlures. Les patients y récupèrent une grande partie de leur force physique afin de retourner à leur domicile et de regagner leurs activités, incluant le travail.

PSYCHIATREPSYCHOLOGUEENTRAIDE GBTRAVAILLEUR SOCIALNUTRITIONISTEPRÉPOSÉPHARMACIENSOINS INFIRMIERSERGOTHÉRAPEUTEMÉDECINPHYSIOTHÉRAPEUTE

CHRONOLOGIE DES SOINS

24-72 heures

  1. Transfert du patient à Villa Medica

    • Par ambulance ou par taxi, selon les capacités du patient

  2. Accueil et admission

    • Prise de photo

    • Formulaire de consentement

    • Remis du guide du patient

  3. Transfert à la chambre

    • Le patient est transféré au 8e étage dans la section réservée aux grands brûlés.

    • Les chambres sont majoritairement partagées, 2 patients par chambre.

    • Toutes les chambre sont équipées d'internet et les grands brûlés ont accès à la câblodistribution, offerte par Entraide Grands Brûlés.

  4. Évaluations sommaires des capacités

  5. Dépistage des infections

  6. Élaboration d'un plan de traitement

  7. Début de la réadaptation

    • Évaluation médicale

    • Évaluation et suivi des plaies

    • Évaluation des orthèses et modalités de compression

    • Évaluation et suivi de la douleur et des démangeaisons

    • Suivi de malnutrition

  8. PREMIÈRE DOUCHE DU PATIENT, plusieurs en sont surpris et s'inquiètent. L'équipe des soins indiquera de laver les plaies à l'eau. C'est normal.

3 jours et plus

  1. 1ère réunion interdisciplianire

    • Le patient y participe et ses proches y sont invités.

    • Présentation du plan de traitement en lien avec les objectifs du patient.

    • Échéancier des soins et traitements.

    • Établissement d'une date de congé approximative.

    • Établissement des dates de sortie de fin de semaine (les patients pourront retourner à la maison pour des fins de semaine si l'équipe les juge sécuritaires).

  2. Soins, traitements et évaluations en continu.

    • Traitements dans la salle de thérapie au 6e étage, au 4e étage à l'occasion.

    • Les consultations en psychologie et en travail social se font au 6e étage aussi.

    • Les changements de pansements se font à la chambre.

    • Ajustements des traitements et des soins en continu.

  3. 2e réunion interdisciplinaire

    • Validation des points suivants:

      1. Hébergement: le patient a-t-il un logis, ce dernier est-il sécuritaire et adéquat pour ses besoins?

      2. L'état de santé du patient a-t-il suffisamment progressé?

      3. Le patient est-il suffisamment autonome pour retourner chez lui?

      4. Son réseau de soutien extérieur est-il bien présent?

      5. Est-il assez bien physiquement et psychologiquement pour retourner chez lui?

      6. Y a-t-il des tiers-payeurs présents pour assurer un filet financier adéquat?

    • Si le patient répond à tous ces critères ou si des ressources peuvent être mises en place pour palier, alors on procède à la...

  4. Planification du congé

    • Évaluation des besoins en soins et traitements

    • Recherche de logement au besoin

    • Planification du soutien communautaire

  5. Transfert du dossier au CLSC local et au centre de réadaptation régional, Villa Medica est le centre régional pour les Montréalais

  6. CONGÉ

LA PEAU

Cicatrices

Les cicatrices apparaissent parce que le corps produit du collagène pour guérir. Toutefois, le corps continue d’en produire même après la guérison. L’accumulation du collagène forme cette peau plus rigide et surélevée qu’est la cicatrice.

Les rougeurs de la peau vont diminuer avec le temps. Par contre, la peau peut rester marquée. Certaines cicatrices peuvent présenter des zones d’hypopigmentation (peau plus pâle et blanchâtre) ou d’hyperpigmentation (peau plus foncée et brunâtre).

Assez souvent, la guérison se fait de manière anarchique, c’est ce qu’on appelle les cicatrices hypertrophiques. Ce phénomène varie d’un individu à un autre et apparaît plus fréquemment chez les personnes qui ont une pigmentation de la peau plus foncée et chez les plus jeunes (enfants et adolescents).

Pour que les cicatrices deviennent matures, c’est-à-dire qu’elles cessent de changer, il faut généralement prévoir entre 12 et 24 mois.

Compression

Vêtements compressifs

En plus des soins en ergothérapie, les vêtements compressifs aident à ce que les cicatrices soient les plus belles et les plus souples possible. Ils aident aussi pour les démangeaisons. Les vêtements compressifs doivent être portés 24 heures sur 24 sauf pour prendre une douche.

Il faut éviter de garder des vêtements compressifs mouillés sur le corps car l’humidité nuit à la saine cicatrisation. Donc, on évite de se baigner ou de faire de l’exercice avec des vêtements compressifs. En plus, ils pourraient s’abîmer et ne plus faire effet.

L'entretien se fait avec un savon doux sans parfum. On doit laisser sécher les vêtements compressifs en les étendant et non les mettre à la sécheuse pour éviter de les abîmer.

Les gels

Les gels sont des feuilles à base de silicone, d’eau ou d’huile minérale pour hydrater la peau et assouplir les cicatrices. Entretien avec un savon doux sans parfum. Sécher à l'air libre.

Les moules

Les moules sont faits à partir d’une pâte souple qui durcit pour épouser la peau parfaitement et aider à mobiliser le membre (souvent la main) touché. Entretien avec un savon doux sans parfum. Sécher à l'air libre.

Autres conditions de la peau

Démangeaisons

Suite à des brûlures profondes et pendant la guérison de la peau, on peut ressentir des démangeaisons ou picotements. Ce phénomène est fréquent et peut toucher la peau brûlée, la peau greffée et les sites donneurs. Ces démangeaisons peuvent être très intenses et même douloureuses.

  • Pour réduire les démangeaisons:

    • éviter tout parfum;

    • éviter les douches chaudes;

    • mettre de la crème (si elle est réfrigérée, ça peut aider);

    • porter les vêtements compressifs.

Ampoules/Phlyctènes

Les phlyctènes (cloques ou ampoules) sont des accumulations de liquide (sérum) qui se forment sous une couche de peau très mince. Elles se développent souvent lorsqu’une pression ou une friction est exercée sur la peau brûlée ou greffée, ou sur les sites donneurs des greffes. Elles peuvent aussi apparaître par contact avec une source de chaleur comme l’eau chaude.

On évite de les percer soi-même. Un membre de l’équipe traitante le fera au besoin. Si une éclate, on lave la région et on applique de l’onguent, puis un pansement non adhésif.

Pigmentation

La couleur de la peau peut varier de blanc à brun foncé, mais cet effet peut diminuer grandement avec le temps. Malheureusement, dans le cas de brûlures plus profondes, ce changement peut être permanent.

Il faut éviter de s’exposer au soleil sans protection pour limiter le risque d’avoir un changement de peau plus foncée. La peau est particulièrement sensible aux rayons du soleil la première année qui suit l’accident.

Peau violacée

La circulation sanguine est plus importante là où le corps guérit. Il se peut donc que la peau devienne plus violacée sous de fortes émotions (ex. colère, joie, inquiétude), d’efforts physiques et de changements de température ou simplement lors de la guérison. L’effet disparaît après quelques mois.

SANTÉ PHYSIQUE

Activité physique

L’activité physique est fortement encouragée, à moins que le médecin ou les thérapeutes disent le contraire. Les muscles sont plus faibles depuis l’accident, ce qui rend l’activité physique plus difficile. Peut-être que la fatigue s’est installée. L’exercice est le meilleur remède: l’énergie revient, mais il faut se donner du temps pour atteindre ses objectifs.

Étirements

  • La peau a tendance à raidir lorsque les brûlures et les greffes guérissent. Les mouvements deviennent limités et on sent la peau tirer, surtout aux articulations. Les exercices donnés par les thérapeutes favorisent la mobilité et la souplesse.

Nutrition

Les besoins nutritionnels ont changé depuis votre accident.

Le poids varie beaucoup depuis l'accident. La guérison des tissus demande beaucoup d’énergie, il est nécessiare de manger plus de protéines et plus de calories que la normale. Un grand brûlé peut consommer jusqu'à 6000 calories par jour lors de sa guérison.

En même temps, un patient est moins actif depuis qu'il est au lit, peut-être même dans le coma.

  • Le faible niveau d’activité physique et les antidouleurs peuvent causer de la constipation. Il faut donc boire de l’eau et manger des fibres (grains entiers, fruits et légumes frais).

  • Au fur et à mesure que la guérison progresse, le corps nécessite moins de calories qu’auparavant. Il suffit d’ajuster sa nutrition à ses besoins réels pour éviter une prise de poids soudaine tout en faisant de l’exercice.

Vous devez manger de manière variée et équilibrée en tenant compte des quatre groupes alimentaires.

Protection

Soleil

Il faut appliquer une crème solaire avec un indice FPS de 60 et profiter des points d’ombre pour protéger la peau guérie car elle est plus vulnérable à l’exposition au soleil, surtout les premiers étés après l’accident. La peau peut développer des taches brunes et brûler à nouveau si on ne fait pas attention.

Chaleur

Il faut faire attention à la chaleur de l’environnement et la chaleur interne de son corps. La peau cicatrisée a de la difficulté à suer ou en est incapable. L’action de suer permet d’évacuer la chaleur de son corps et d’avoir une température interne stable. Peuvent survenir des coups de chaleur lors de journées chaudes ou lors d’activités physiques menant à une hausse de la température interne. On privilégie alors l’ombre, le repos et un environnement climatisé.

Froid

Plusieurs personnes observent une hausse de sensibilité au froid. Elles cherchent ainsi à se procurer des vêtements de protection éprouvé pour diminuer la sensation de froid.

À l'inverse, certains connaissent une perte de sensibilité au froid (comme au toucher) en raison de l'atteinte aux terminaisons nerveuses lors de l'accident. Elles doivent redoubler de prudence lorsqu'elles s'exposent au froid afin de ne pas occasionner d'engelures, compliquant davantage leur condition physique.

SOINS AUX PROCHES

Information

Les proches ont besoin de savoir tout ce qui se passe pendant la guérison du patient. Le stress qu'ils éprouvent pendant toute la période de soins, au CHUM ou à Villa Medica, est énorme.

Ils ont souvent autant ou même plus de questions à propos des soins, des prochaines étapes et de ce que réserve l'avenir pour le patient et pour eux-mêmes.

Les équipes de soins sont là pour répondre aux questions. Entraide Grands Brûlés est toujours disponible pour accompagner les familles dans leurs inquiétudes et interrogations.

Lorsque les proches sont bien informés, ils deviennent des alliés dans le continuum de soins afin de comprendre et épauler les efforts que déploie le patient.

Transport

Le centre d'expertise comprend combien il est important que les patients soient entourés lors de leur guérison. La présence de leurs proches constitue un véritable facteur de protection dans leur cheminement. Nous encourageons le plus possible la visite de toutes les personnes significatives dans l'environnement des patients.

Par ailleurs, nous reconnaissons que les familles observent une baisse de leurs revenus bien souvent lors de l'accident et pendant la période d'hospitalisation.

Si un proche rend visite à un patient hospitalisé, il pourrait bénéficier d'une aide financière pour ses déplacements. Entraide Grands Brûlés offre ce programme de soutien.

*Des conditions s'appliquent pour toucher cette aide financière.

Soins psychosociaux

Tout comme les patients, les proches vivent une période des plus chargées émotionnellement. Rare un être humain vivra un tel traumatisme. En plus d'avoir à composer d'abord avec le vacillement entre la vie et la mort, toutes les questions sur les soins, la douleur, les séquelles et l'avenir se bousculent par la suite.

Les trois établissements offrent un accompagnement aux familles pendant cette période difficile sur plusieurs plans:

  • Finances

  • Assurances

  • Indemnisations

  • Incertitudes des soins

  • Incertitude des séquelles

  • Bouleversement psychologique

Les départements de travail social et de psychologie peuvent accueillir les familles qui en éprouvent le besoin.

Entraide Grands Brûlés offre des consultations avec un psychologue afin que les proches puissent bénéficier d'un accompagnement professionnel pour trouver un sens à ce qui semble en manquer cruellement.

Ces soins sont gratuits et accessibles.

GLOSSAIRE DE LA RÉADAPTATION

Cicatrice: Modification cutanée plus ou moins visible témoignant de la réparation d'une plaie ou d'une perte de tissu par blessure, acte chirurgical ou brûlure.

Cicatrice chéloïde: Cicatrice proéminente, rouge et souvent douloureuse, pouvant être causée par un accident, une brûlure, une chirurgie ou une plaie infectée. La cicatrice chéloïde a tendance à envahir les tissus voisins et à récidiver.

Cicatrice hypertrophique: Cicatrice proéminente et rarement douloureuse, pouvant être causée par un accident, une brûlure, une chirurgie ou une plaie infectée. La cicatrice hypertrophique ressemble à une cicatrice chéloïde, mais elle n'a pas tendance à envahir les tissus voisins ou à récidiver comme cette dernière.

Contracture cutanée: Tissu cicatriciel raide et raccourci qui tire sur la peau de la région affectée. Lorsque la contracture est près d’une articulation, la fonction peut être limitée (diminution du mouvement). Dans certains cas, il faut une intervention chirurgicale pour améliorer la qualité de la peau et du mouvement.

Débridement: Retrait des tissus nécrosés (morts), infectés ou étrangers de la surface d’une plaie.

Hypergranulation: Formation excessive de tissus sur une plaie.

Œdème: Enflure, augmentation anormale de volume d’une région donnée du corps.

Orthèse: Aide technique destinée à suppléer ou à corriger une fonction déficiente, à compenser les limitations ou même à accroître le rendement physiologique d'un organe ou d'un membre qui a perdu sa fonction.

Phlyctène: Ampoule ou cloque qui se forme souvent sur la peau nouvellement guérie. Les phlyctènes se développent souvent lorsqu’une pression ou friction est exercée sur la peau (sur les zones brûlées, greffées et les sites donneurs nouvellement guéris) ou par le contact avec une source de chaleur comme l’eau chaude.

Réépithélisation: Formation d'un nouvel épithélium (cellules de peau collées les unes aux autres qui recouvrent et protègent la surface externe du corps) à la suite d'un processus cicatriciel.

Relâchement de contracture: Chirurgie qui a pour but d’enlever les tissus cicatriciels raides et raccourcis afin d’augmenter la fonction.

Site donneur: L’emplacement où l’on prélève la peau non brûlée destinée à l’autogreffe est appelé « site donneur ». Ce site est généralement un endroit plat et caché : cuisses, fesses, dos, cuir chevelu ou abdomen.

Syndrome du compartiment: Enflure dans une région limitée du corps causant un arrêt du flot sanguin et de l’influx nerveux dans cette région. Ce phénomène est souvent observé dans le cas de brûlures circonférentielles. Dans un tel cas, on pratique une intervention chirurgicale appelée «escarrotomie», qui réduit la pression et rétablit le flot sanguin et l’influx nerveux.