DÉFIS PRINCIPAUX

RETOUR À LA MAISON

Les grands brûlés ainsi que leurs familles et amis font face à bon nombre de défis complexes lors de l'hospitalisation et par la suite en raison des multiples sphères de la vie affectées par l'accident et ses séquelles. Une équipe aux disciplines variées au sein du centre d'expertise est dévouée à formuler des solutions à ces défis de concert avec les intéressés.

Psychologiques

Trouble de stress post-traumatique

Le cerveau nous permet d’apprendre de nos expériences et de nous protéger des dangers. Lors d’un grave accident, une zone du cerveau enregistre de nombreux détails reliés à l’événement : endroit, circonstances, odeurs, bruits, couleurs, douleur, émotions. En réaction au danger, il analyse la situation et aide à trouver une solution.

Par la suite, le cerveau repasse en boucle les événements pour les comprendre et éviter un tel accident dans le futur. Si cette boucle se maintient, il se produit une grande libération d’adrénaline. Le corps reste sous tension. La victime peut avoir des réactions de sursaut exagérées et des émotions très vives. Elle peut se comporter comme si elle avait en permanence un radar qui vérifie tout autour si le danger peut réapparaître.

Le cerveau peut même enregistrer les soins que le patient a reçus comme des dangers en raison des douleurs et de la perte de contrôle qu’il a pu connaître. L’accident est en soi une occasion de développer un trouble de stress post-traumatique, mais les interventions médicales peuvent aussi augmenter ou entretenir le souvenir du traumatisme initial.


Changement de valeurs

On constate souvent un processus de croissance personnelle suite à de telles épreuves. Les gens remettent à l’avant-plan ce qui a le plus d’importance pour eux. Des études témoignent que neuf personnes sur dix rapportent des changements positifs dans plusieurs domaines de leur vie : qualité des relations, sentiment de découvrir de nouvelles possibilités ou d’avoir développé des forces personnelles, changements au plan philosophique ou spirituel, ainsi qu’au plan de l’appréciation générale de la vie.


Dépression

Les risques de dépression suite à un tel traumatisme physique et psychologique sont augmentés suite à l'accident et la guérison. Les facteurs de risque s'expliquent notamment par l'isolement social, la perte de revenus, la séparation d'un partenaire de vie, les deuils associés, devoir composer avec une nouvelle image de soi et des limites fonctionnelles possible, etc.

Les consultations auprès de psychologues aident les patients et les proches à comprendre leurs états d'esprit et de se sortir d'une situation où les obstacles peuvent sembler grands et nombreux.


Image de soi

L’apparence des cicatrices s’améliorera dans les mois et les années suivant l’accident, mais vous aurez néanmoins à composer avec un changement de votre aspect physique.

L’écart entre les deux images que vous avez de votre corps, celle d’avant et celle de maintenant, sera moins grand avec le temps. En attendant ces progrès, vous devrez apprendre à être plus confortable avec votre nouvelle image corporelle malgré ce qui restera visible.


Deuil

Après un certain temps, même s’il y a eu des progrès notables, certains seront confrontés à des pertes : perte de force ou d’endurance physique, perte d’habiletés, perte de confiance en soi. À cela peuvent s’ajouter des inquiétudes liées au travail, comme la capacité de soulever des charges, la dextérité, la productivité, compléter une journée de travail normale, etc.

Il est possible qu’une victime de brûlures ait aussi perdu un proche dans l’accident. Ce deuil s’ajoute aux précédents.

Ce sentiment de pertes peut également s’accompagner de réactions de deuil telles que la peine, la frustration, la colère et même d’un sentiment d’injustice. Ces réactions peuvent se résoudre graduellement dans le processus de deuil. On constate alors un regain d’énergie, une réorganisation de la vie, une reprise en main d’activités et de projets. Il est possible que l’aide d’un psychologue soit bénéfique, voire nécessaire. L’accident et ses suites constituent un événement hors de l’ordinaire qui requiert des soins et du soutien spécialisés.

Sociaux

Isolement et solitude

Lorsqu’un grand brûlé est à l’Unité des grands brûlés du CHUM et à Villa Medica, il est en contact continu avec des gens qui le comprennent. Thérapeutes, personnel infirmier et autres patients: tous savent ce que c’est d’être gravement brûlé.

De retour à la maison, il est probablement le seul dans sa famille et dans sa communauté à avoir subi des brûlures. Peut-être qu’il sent que personne, pas même sa propre famille, comprend ce qu’il vit. Des tensions peuvent apparaître, ce qui en pousse plusieurs à s’isoler tranquillement.

Tous les proches et amis qui étaient si présents au début, lors de l’hospitalisation, reprennent peu à peu leur vie aussi. Ils sont moins présents. Une sensation immense de solitude remplit le quotidien de plusieurs grands brûlés. Il n’est pas rare de voir apparaître des signes de détresse et de dépression.

Avec une apparence physique différente, une routine qui nous sort de l’ordinaire, une nouvelle réalité apparaît. La vie a changé. Le niveau d’énergie n’est peut-être plus le même, le travail n’a peut-être pas repris et les loisirs se sont possiblement restreints. Plusieurs ont de moins en moins le goût de sortir et de répondre à des questions visant leurs brûlures et l’accident. Beaucoup se méfient aussi du regard des autres et peuvent même le fuir.


Réintégrer les activités et les cercles sociaux

Peu à peu, le grand brûlé, comme ses proches, doit réintégrer ses activités et ses relations interpersonnelles. Pour plusieurs, il s'agit d'un moment attendu. Pour d'autres, c'est un défi personnel qui demandera beaucoup d'efforts.

Les efforts sont à la fois physiques et psychologiques. Car après avoir remis ses fonctions corporelles en marche pour de l'activité physique et de la concentration, il faut composer avec le regard des autres et la perception de ses propres capacités.


Regard des autres

Les gens sont souvent admiratifs du courage dont les grands brûlés ont fait preuve. Derrière le regard interrogateur des passants, se cachent bien souvent les questions sur l'accident et l'horreur que doivent subir les victimes de brûlures.

Ces regards parfois insistants ne cherchent pas à dévisager ou ne jugent pas l'apparence. Ils expriment une maladresse et une curiosité qui veulent savoir ce qui s'est passé et comment le grand brûlé a pu survivre.

Financiers

Revenus à la baisse ou inexistants

Les revenus des ménages sont souvent lourdement affectés pendant l'hospitalisation et la réadaptation. Une pause du travail est exigée pour tous les proches directement touchés. Les obligations de paiement demeurent pourtant intactes:

  • hypothèque ou loyer

  • automobile

  • assurances

  • électricité/télécommunications

  • épicerie

  • prêts

  • etc.

Les brûlures graves résultent donc souvent en une précarité économique, notamment lorsque les prestations d'assurance ne sont pas au rendez-vous.


Prestations possibles

Il existe plusieurs programmes gouvernementaux qui puissent couvrir une partie des sommes perdues.

Le Régime d'assurance-maladie du Québec peut également défrayer plusieurs médicaments, pansements ou autre équipement nécessaire. Il faut se référer à son médecin traitant pour vérifier son éligibilité.

L'aide sociale paie les transports pour les traitements médicaux et thérapeutiques de bénéficiaires du programme.

Entraide Grands Brûlés peut aider financièrement les patients et leurs familles pour du transport, du transport bénévole, de l'hébergement et du matériel de réadaptation. Cette aide peut survenir seulement lorsque les tiers-payeurs précédents ne peuvent couvrir les dépenses visées.

Du soutien financier et de l'hébergement sont offerts aux patients et leurs proches pour faciliter l'accès à des soins de réadaptation ou pour des chirurgies de correction. Contactez-nous pour plus d'information et nous faire parvenir une demande.